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Wajima Kirimoto (laque de Wajima)

Nom japonais
輪島キリモト
Région
Sugidaira-machi, Wajima, Ishikawa
Fondation
maison de laque depuis 1805 (nushiya sur 4 générations) ; 5e génération Kirimoto Hisayuki → tourneur de magnolia, Kirimoto Mokkō (début Shōwa) ; 7e génération Kirimoto Taiichi (桐本泰一), né en 1962 à Wajima, univ. de Tsukuba (design), Kokuyo, retour en 1987 ; laque réintroduite années 1990 ; raison sociale « Wajima Kirimoto » en 2015
Technique
Makiji (蒔地) : ji-no-ko de diatomées saupoudré sur les dernières couches de laque → surface mate résistant aux couverts métalliques ; sensuji, fuki-urushi, honkataji ; bol Sugiwan 杉椀 en cèdre (~10 × 7,7 cm, 250 ml)

Wajima Kirimoto (輪島キリモト) est l’atelier de la famille Kirimoto à Wajima, dans la préfecture d’Ishikawa. La maison remonte à 1805 : quatre générations de nushiya, ces marchands-laqueurs qui orchestrent les artisans de Wajima, puis, au début de l’ère Shōwa, un tournant : le cinquième, Kirimoto Hisayuki, se fait tourneur de bois de magnolia (朴木地屋) et fonde l’atelier Kirimoto Mokkō. Le septième, Kirimoto Taiichi (桐本泰一), dirige aujourd’hui une maison qui a renoué avec la laque et fait tout sous le même toit, du bois brut à la dernière couche.

Un designer revenu au bois

Né à Wajima en 1962, Taiichi étudie le design industriel à l’université de Tsukuba, puis travaille au bureau d’études de Kokuyo, où il planifie des espaces de bureaux. En 1987, il rentre à Wajima et apprend le tour dans l’atelier familial. Dans les années 1990, il ramène la laque à la maison ; en 2015, l’entreprise prend le nom de Wajima Kirimoto. Coffret laqué pour Louis Vuitton en 2007, grand prix Mitsui Golden Takumi en 2018 : sa marque est d’avoir fait de la laque un objet de tous les jours. Le séisme du 1er janvier 2024 a détruit sa maison et son atelier ; avec l’architecte Ban Shigeru, il a monté des ateliers provisoires en tubes de carton, et le studio-boutique de Sugidaira a rouvert depuis.

Le makiji, une laque qui supporte la fourchette

À Wajima, le fond des pièces est armé de « ji-no-ko », une terre de diatomées du mont Komine, cuite puis broyée, mêlée à la laque. Kirimoto a eu l’idée de remonter cette poudre jusqu’à la surface : le « makiji » (蒔地) saupoudre le ji-no-ko sur les dernières couches de laque. Résultat : une surface mate, à peine grenue, assez dure pour que l’on y mange avec une fourchette ou un couteau en métal, ce qu’une laque brillante ne tolère pas. La maison pratique aussi le honkataji classique, le sensuji (fines stries) et le fuki-urushi (laque essuyée). Les bois sont séchés dix à vingt ans avant d’être tournés, puis finis au petit rabot.

Le bol Sugiwan

Le Sugiwan (杉椀) est un bol de cèdre japonais (sugi) fini en makiji. Forme haute et étroite, silhouette moderne : une dizaine de centimètres de diamètre pour huit de haut en taille moyenne, environ 250 ml. Il existe en petit, moyen et grand, en teintes claires ou en « tame », ce brun-rouge profond de la laque translucide, et sert aussi bien à la soupe qu’au café au lait ou à une glace.

Usage et entretien

Ni lave-vaisselle, ni sèche-vaisselle, ni micro-ondes. Lavez à l’eau tiède avec un peu de détergent dilué et une éponge, puis essuyez tout de suite avec un chiffon de coton doux, ce qui évite les traces de calcaire. La laque aime l’humidité et craint l’air sec ; s’en servir chaque jour est le meilleur entretien. Et, comme le dit l’atelier, la laque est « un outil de la vie, qu’on répare en l’utilisant ».