Umehara Shōji « Shōryū » (Tokoname)
- Nom japonais
- 梅原昭二(昭龍)
- Région
- Tokoname, Aichi
- Fondation
- 1978 (Shōryū Tōen 昭龍陶園) ; né en 1945
- Technique
- kyūsu tournés fins et légers, argile de Tokoname riche en fer, couvercle glaçure tenmoku noir/or/rouge, filtre céramique sasame
Umehara Shōji (梅原昭二), qui signe ses pièces Shōryū (昭龍), est potier de kyūsu à Tokoname, dans la préfecture d’Aichi, sur la péninsule de Chita. Né en 1945 dans cette ville qui compte parmi les six fours anciens du Japon, il entre en 1965 en apprentissage chez le premier Hokuryū (北龍), puis fonde son propre atelier, le Shōryū Tōen (昭龍陶園), en 1978. Depuis, il ne fait que des théières.
Un maître reconnu de Tokoname
Les distinctions se sont accumulées : prix de l’association de promotion de la céramique de Tokoname en 1988, certification d’artisan traditionnel (dentō kōgeishi) en 1994, titre de technicien d’excellence de la préfecture d’Aichi en 2001, année où il expose à l’Exposition mondiale de la céramique. Le prix du ministre de l’Économie lui est décerné en 2002, puis de nouveau en 2011, puis en 2013 un prix pour services rendus à l’artisanat traditionnel. En 2017, l’État japonais lui remet l’ordre du Trésor sacré, rayons d’argent (Zuihō tankō-shō). Ses théières se vendent bien au-delà du Japon, notamment en Chine.
Le tenmoku de Shōryū et les théières légères
Deux choses le distinguent. D’abord une glaçure tenmoku qu’il a mise au point après des années d’essais : un noir profond et brillant où se mêlent des reflets d’or et de rouge, souvent réservé au couvercle et à quelques touches sur le corps. Ensuite, un tournage très fin : ses kyūsu sont remarquablement minces et légers, ce qui est cité comme l’un de ses apports à la production de Tokoname. Il travaille une argile locale au grain très fin, riche en fer, et intègre à ses théières un large filtre en céramique.
Reconnaître une pièce de Shōryū
Forme ronde ou plate, aux proportions classiques ; le couvercle s’ajuste sans jeu, signe du savoir-faire de Tokoname, où corps et couvercle sont cuits ensemble. Le corps est laissé brut, sans glaçure, pour que l’argile travaille avec le thé, et seul le couvercle, parfois, porte le tenmoku. Le nom 昭龍 est apposé sur la pièce.
Usage et entretien
L’argile ferrugineuse de Tokoname réagit avec les tanins et arrondit l’amertume du thé vert : c’est la raison d’être de ces théières. Le filtre céramique, appelé sasame (ささめ), est percé directement dans la paroi côté bec, avec plusieurs centaines de trous fins : pas de métal, pas de goût parasite. On ne lave jamais un kyūsu de Tokoname au savon, car le grès absorbe les odeurs et les rendrait au thé suivant : un rinçage à l’eau chaude suffit, une vieille brosse à dents pour le filtre si des feuilles s’y logent, puis séchage à l’air, couvercle retiré. Pas de lave-vaisselle.