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Tsuzuki Takao « Seihō » (Tokoname)

Nom japonais
都築隆夫(青峰)
Région
Tokoname, Aichi
Fondation
1964 (atelier) ; né en 1944
Technique
kyūsu shudei / noir yōhen / yakishime, décor peint par l'artiste (cerisiers, papillons, érable, lapins), nota-uchi, filtre céramique sasame

Tsuzuki Takao (都築隆夫), connu sous son nom d’artiste Seihō (青峰), est né en 1944 à Tokoname, dans la préfecture d’Aichi. Il ouvre son atelier en 1964, à vingt ans, et y tourne depuis plus de soixante ans des kyūsu, ces théières à poignée latérale qui ont fait la réputation de la ville. Un marchand japonais qui l’a visité dans son atelier-galerie résume l’impression générale : des théières et des tasses « dont chacune fait tomber amoureux », portées par une technique irréprochable.

Un palmarès d’expositions

Seihō appartient à la génération qui a inscrit le kyūsu de Tokoname dans les grands salons nationaux. Il a été sélectionné quatre fois à l’Exposition des arts traditionnels du Japon (Nihon dentō kōgei-ten), la plus exigeante du pays, trois fois au concours de design céramique, cinq fois à l’exposition du prix Chōzō et quatre fois à l’Exposition des arts traditionnels du Tōkai. Il a reçu quatre fois le prix Chōzō de Tokoname, le prix du maire à l’exposition de promotion de la céramique locale et un prix de section à l’Exposition nationale des jeunes artisans traditionnels.

Le potier qui peint lui-même

À Tokoname, le décor est d’ordinaire confié à un peintre extérieur ; Seihō, lui, peint ses pièces de sa main. Cerisiers en fleurs, papillons, feuilles d’érable, prunier, lapins : ses motifs, posés en or ou en couleurs sur l’argile rouge (shudei) ou sur un corps noirci au four, donnent à ses théières une élégance que les Japonais qualifient de miyabi, raffinée et un peu citadine, rare dans cette ville d’artisans. Une galerie note qu’il est nourri de littérature classique japonaise et que cet univers passe dans ses formes. Il joue aussi de la matière : sur certaines pièces, la barbotine (nota) est battue à la surface pour adoucir l’aspect dur du grès.

Reconnaître une pièce de Seihō

Corps en shudei rouge, en noir de cuisson (kuro yōhen) ou en grès brut (yakishime) ; décor peint à la main, jamais transféré ; couvercle parfaitement ajusté ; contenance de 240 à 360 ml pour la plupart des modèles. Le sceau 青峰 est apposé sur la pièce.

Usage et entretien

L’argile rouge de Tokoname, riche en fer, réagit avec les tanins du thé et adoucit son amertume. Le filtre sasame (ささめ), percé directement dans la paroi côté bec, laisse les feuilles s’ouvrir sans aucun métal. Entretien : rinçage à l’eau chaude après chaque usage, jamais de savon (le grès absorbe et restituerait l’odeur dans le thé suivant), une brosse souple pour dégager le filtre, séchage à l’air couvercle ôté. On ménage le décor doré en évitant les éponges abrasives et le lave-vaisselle.