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Fujita Tokuta (Tokoname)

Nom japonais
藤田徳太
Région
Tokoname, Aichi (né à Kitakyūshū)
Fondation
né en 1975 ; Institut céramique de Tokoname 1994-1997 ; élève d'Araki Toshio dès 1997
Technique
kyūsu yakishime noir/gris, yōhen, mokake et tanka-mokake, engobe cha-keshō, hai-seiji, hai-yū, filtre céramique ceramesh

Tokuta (徳太) est le nom sous lequel signe Fujita Tokuta (藤田徳太), potier de kyūsu installé à Tokoname, dans la préfecture d’Aichi. Il n’est né ni dans une famille de potiers ni dans la région : il voit le jour en 1975 à Kitakyūshū, dans la préfecture de Fukuoka, et sort en 1994 du lycée technique de Yahata. La même année, il rejoint l’Institut municipal de recherche céramique de Tokoname et y reste jusqu’en 1997. Il entre alors en apprentissage chez Araki Toshio (荒木俊雄), potier de Tokoname, avant de voler de ses propres ailes.

La relève de Tokoname

Depuis, ses pièces ont été sélectionnées et primées dans les grands salons japonais : le Nitten, l’Exposition de céramique du Japon, l’Exposition des arts appliqués contemporains. Les galeries japonaises le classent parmi les jeunes maîtres de Tokoname ; l’une d’elles écrit que ses théières « rondes, harmonieuses et créatives » donnent l’impression que le dieu de Tokoname l’a choisi comme chef de file de la prochaine génération.

Le noir, le gris et les cendres

Son style se reconnaît à une palette sobre : noirs et gris profonds, obtenus par cuisson en grès brut (yakishime) plutôt que par glaçure colorée, avec des effets de four (yōhen) qui font naître des cristallisations et des nuances de surface. Il pratique le mokake (藻掛け), technique de Tokoname où des algues posées sur la pièce laissent à la cuisson leurs traces rougeâtres, sa variante carbonisée (tanka mokake), l’engobe couleur thé (cha-keshō), le céladon de cendres (hai-seiji) et les glaçures de cendres (hai-yū) qui ruissellent ou éclaboussent le corps. Les formes sont pleines, rondes, équilibrées « sous tous les angles », et étonnamment légères en main, avec un toucher lisse, pensés pour le quotidien, thé japonais ou chinois.

Reconnaître une pièce de Tokuta

Théière à poignée latérale (yokode) ou à verser sans poignée (shiboridashi), petit format le plus souvent (160 à 300 ml), corps mat noir, gris ou brun cendre, surface veloutée. Le filtre est en céramique, du type dit ceramesh, intégré à la paroi. Le sceau 徳太 est apposé sur la pièce.

Usage et entretien

Le filtre ceramesh (セラメッシュ) est une invention de Tokoname : plusieurs centaines de trous fins percés dans une paroi de céramique, sans aucun métal, qui laissent le thé passer même avec très peu d’eau et ne donnent aucun goût. Il ne se démonte pas, d’où un entretien simple mais régulier : rinçage à l’eau chaude, jamais de savon (le grès absorbe), brosse à dents souple pour les feuilles coincées, séchage couvercle retiré. Pas de lave-vaisselle.