Tōhachiya (laque de Wajima)
- Nom japonais
- 藤八屋
- Région
- Wajima, Ishikawa (atelier Yamamoto-chō ; boutique Kawai-chō)
- Fondation
- ère Meiji — 1912 (Meiji 45) selon le site officiel, société constituée le 28/10/1947 ; KOGEI STANDARD indique 1888 et le fondateur Shioji Toratarō ; 3e maître Shioji Masahide (塩士正英), né en 1947 ; boutique du marché du matin brûlée le 01/01/2024, travail repris le 25/03/2024
- Technique
- Wajima-nuri (nushiya) : ji-no-ko de diatomées, nunokise, honkataji, 120+ étapes ; vaisselle professionnelle sur commande (ryōtei, restaurants étoilés) ; réparation ; bol Kaikō-wan 皆好椀 (bois et laque naturels, ~10 × 7,5 cm, 4 couleurs)
Tōhachiya (藤八屋) est une maison de laque de Wajima, dans la préfecture d’Ishikawa, au bout de la péninsule de Noto. C’est un « nushiya » (塗師屋), l’atelier-marchand qui, à Wajima, conçoit les pièces, coordonne les artisans des cent vingt étapes et pose lui-même les dernières couches. Fondée à l’ère Meiji (l’entreprise date sa création de 1912 et sa constitution en société de 1947), elle a commencé par le colportage à travers le Japon avant de se spécialiser dans la vaisselle professionnelle des restaurants et des auberges. Elle est dirigée par son troisième maître, Shioji Masahide (塩士正英), né en 1947, qui applique encore lui-même la couche de finition (上塗り).
La laque des cuisines professionnelles
Depuis la génération du père de Masahide, Tōhachiya fabrique sur commande pour les ryōtei, les auberges anciennes et, aujourd’hui, des restaurants étoilés au Michelin. C’est ce qui a façonné son style : la solidité d’abord, « la beauté de l’usage » comme principe. La maison assure la réparation de sa vaisselle, et elle a tant étudié la question avec ses clients qu’elle garantit à une pièce réparée la même durée de vie qu’une neuve. Le séisme du 1er janvier 2024 a brûlé la boutique de la rue du marché du matin avec tout le quartier ; l’atelier de Yamamoto-chō a tenu, le travail y a repris le 25 mars et, début avril, Masahide annonçait à sa femme : « J’ai pu laquer ! ». Une nouvelle boutique a ouvert depuis à Kawai-chō.
Ce qui fait un Wajima-nuri
La laque de Wajima est attestée dès 1524 par les portes rouges du sanctuaire Jūzō ; elle est reconnue produit d’artisanat traditionnel en 1975 et bien culturel immatériel important en 1977. Sa force tient à trois choses : le « ji-no-ko » de Wajima, une terre de diatomées locale cuite et broyée, mêlée à la laque des couches de fond ; le « nunokise », une toile de chanvre ou de coton collée à la laque sur les parties fragiles ; et le « honkataji », la superposition patiente de ces sous-couches avant la laque pure. C’est cette armature qui rend la réparation possible.
Le bol Kaikō
Le Kaikō-wan (皆好椀), « le bol que tout le monde aime », doit son nom aux clients de la boutique, qui le choisissaient plus que tout autre. Bois naturel, laque naturelle, environ 10 cm de diamètre pour 7,5 cm de haut : fin, léger, il tient bien dans les deux mains et sert au riz comme à la soupe. Quatre couleurs : noir, urumi (brun profond), vermillon (shu) et vermillon clair (arai-shu).
Usage et entretien
Ni lave-vaisselle ni micro-ondes, ni four ni feu direct. Lavez à l’eau tiède avec une éponge douce et, si besoin, un détergent neutre ; essuyez aussitôt avec un chiffon doux, ce qui avive le brillant. Évitez la brosse dure, les poudres à récurer et les longs trempages. Une pièce ébréchée ou fendue se répare : c’est le métier même de la maison.