Inomata Masaaki (four Saizōbō)
- Nom japonais
- 猪俣政昭(西蔵坊窯)
- Région
- Setouchi / Bizen, Okayama (grès de Bizen)
- Fondation
- potier depuis 1972 ; four indépendant après 3 ans au Tōseien
- Technique
- Grès de Bizen non émaillé cuit au bois ; spécialité cuisson hi-iro et figurines ; 伝統工芸士 (certification année fiscale 2005, registre 2008)
Inomata Masaaki (猪俣政昭) est potier de Bizen depuis 1972. Son four, le Saizōbō (西蔵坊窯), est installé à Honjō, dans la ville de Setouchi, aux portes du pays d’Imbe (伊部), cœur historique du grès de Bizen, préfecture d’Okayama. Il est artisan traditionnel certifié (伝統工芸士) de la céramique de Bizen, dans la section « générale », celle des potiers qui maîtrisent toute la chaîne, du façonnage à la cuisson.
Un chemin détourné vers le grès
Après ses études, Inomata est salarié pendant deux ans, démissionne et entre à l’école de formation céramique de la préfecture d’Aichi. Un premier passage dans un four d’Ōtani, à Tokushima, ne lui convient pas ; il rejoint le Tōseien (陶正園), atelier de Bizen qui, chose rare, payait ses apprentis. Trois ans plus tard, il s’établit et acquiert un four à pente (noborigama). Sa vision est celle d’un artisan, pas d’un artiste : « sachez qui achète vos pièces et faites ce dont ces gens ont besoin, vous ne manquerez jamais de pain ». Sa devise : hibi shōjin, progresser chaque jour.
Le rouge de Bizen
Le grès de Bizen n’est pas émaillé : la couleur vient de l’argile hiyose d’Imbe, riche en fer, et d’une cuisson au pin rouge d’environ deux semaines, à plus de 1 200 °C. Le registre retient pour Inomata deux spécialités : la cuisson hi-iro (緋色), qui tire du tesson un rouge de feu, et la finesse des figurines. Sur ses pièces, on retrouve les « paysages » de Bizen : le hidasuki (緋襷), lignes rouges laissées par la paille ; le goma (胡麻), cendres de pin fondues en glaçure naturelle ; le sangiri (桟切), zones gris-bleu nées de la réduction ; le yōhen (窯変), tous les accidents du feu qui font que deux pièces ne sont jamais identiques.
Reconnaître une pièce du Saizōbō
Inomata dit vouloir des poteries « qui ont de la présence sans se mettre en avant, où brille une personnalité ». Sa production est tournée vers l’usage : bols, tasses, coupes et flacons à saké, plats et boîtes à confiseries, en hi-iro ou dans ses séries à fissures bleues ou blanches (裂紋). Elle a été retenue aux expositions de la section Chūgoku de l’Association japonaise des métiers d’art, quatre fois à l’Exposition préfectorale d’Okayama, et primée au salon Bigei-kai. Son cachet figure dans l’annuaire des sceaux de potiers japonais.
Usage et entretien
Le grès de Bizen se lave à l’eau, à la main, avec une éponge douce ; on évite les détergents agressifs, que le tesson non émaillé pourrait retenir, et on sèche bien la pièce avant de la ranger. Avec le temps, le thé, le saké et les mains foncent et lustrent la surface : c’est la patine que recherchent les amateurs.