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Fukuda Yoshinori (Kutani)

Nom japonais
福田良則
Région
Nomi, Ishikawa (Kutani)
Fondation
né en 1952 ; artisan traditionnel de Kutani en 1995 ; four Shōryū (昇竜窯)
Technique
Kutani polychrome peint à la main (akae, Yoshidaya, ko-Kutani), décors paysages/animaux d'esprit nihonga

Fukuda Yoshinori (福田良則) est peintre sur porcelaine à Nomi, dans la préfecture d’Ishikawa, l’un des trois foyers historiques de la porcelaine de Kutani avec Kaga et Komatsu. Né en 1952, il dirige le four Shōryū (昇竜窯, « le four du dragon ascendant »). Reconnu artisan traditionnel de Kutani (dentō kōgeishi) en 1995, il préside aujourd’hui l’association des artisans traditionnels de Kutani et occupe la vice-présidence de celle des artisans traditionnels d’Ishikawa : un poste de doyen, dans un métier où la reconnaissance vient lentement.

De la peinture japonaise au pinceau de Kutani

Étudiant, il se destinait à la peinture japonaise, le nihonga. Il raconte être ensuite entré en apprentissage chez un maître de Kutani et n’avoir pas eu le droit de tenir un pinceau pendant deux ans : on balaie l’atelier, on essuie les pièces, on regarde. Cette école du regard explique la profondeur de ses décors, que les amateurs japonais comparent à des tableaux. Les prix ont suivi la certification de 1995 : prix du président du Hokkoku Shimbun à l’exposition Hokuriku Sōzō (2000 et 2008), prix Hokka (2001) et prix des membres (2003) aux salons Sōzō Bijutsu. En 2025, pour les vingt ans de la ville de Nomi, il a réalisé une grande assiette encadrée au dragon bleu sur vagues seigaiha, offerte comme contrepartie de mécénat local.

Style et technique

Fukuda Yoshinori maîtrise les grandes familles de décor de Kutani : le rouge d’akae, la palette Yoshidaya aux quatre couleurs, l’esprit du ko-Kutani des origines. Il en fait un usage libre, et c’est le sujet qui commande la manière. Paysages, mont Fuji, cerisiers, phénix, animaux saisis dans le mouvement : le trait est d’abord posé fin et souple, comme au pinceau de nihonga, puis les émaux de Kutani viennent le densifier et le colorer, couche après couche. Les fonds sont travaillés, les vides respirent.

Reconnaître une pièce de l’atelier

Tout est peint à la main, sans transfert : deux pièces du même modèle diffèrent légèrement dans le placement des motifs et l’intensité des couleurs, ce que les boutiques japonaises précisent d’ailleurs à leurs clients. Le relief des émaux se sent sous le doigt, et le décor conserve, même sur un bol de service, cette composition de tableau qui fait sa signature.

Usage et entretien

Ses bols à mijotés (nimono-bachi), coupes et vases sont des objets de table, mais des objets de table de fête. Les émaux posés sur la couverte, parfois rehaussés d’or, demandent un lavage à la main, à l’éponge douce, sans lave-vaisselle ni micro-ondes. Rangés à l’abri des chocs, ils traversent les décennies sans pâlir.