Murakoshi Fūgetsu (Tokoname)
- Nom japonais
- 村越風月
- Région
- Tokoname, Aichi
- Fondation
- né en 1950, disciple de Yamada Jōzan III
- Technique
- kyūsu et hōhin en shudei/kokudei sans glaçure, finition sujihiki, tournage très léger, filtre céramique demi-sphère (debeso)
Fūgetsu (風月) est le nom d’artiste de Murakoshi Fūgetsu (村越風月), potier de kyūsu à Tokoname, dans la préfecture d’Aichi. Né en 1950 dans une famille de potiers de la ville, il entre encore lycéen en apprentissage chez Yamada Jōzan III (三代山田常山), le maître de la théière de Tokoname qui sera reconnu Trésor national vivant en 1998, premier de la préfecture d’Aichi. Il en est décrit comme le disciple principal (sōryō deshi). Près d’un demi-siècle plus tard, il tourne toujours.
Une figure du monde de l’artisanat
Membre titulaire de l’Association japonaise des arts et métiers (Nihon Kōgei-kai), Fūgetsu a été sélectionné douze fois à l’Exposition des arts traditionnels du Japon et y a reçu le prix de l’Association. Il a été administrateur puis commissaire aux comptes de l’Association japonaise de l’art du sencha, et a obtenu, à la 7e Exposition d’art du sencha, le prix d’encouragement du ministre de l’Éducation. S’y ajoutent le prix Chōzō de Tokoname et une distinction du gouverneur d’Aichi pour l’excellence de son savoir-faire. Une galerie japonaise le présente comme l’un des chefs de file de l’art du sencha et « l’héritier de la méthode traditionnelle de l’argile rouge ».
Le shudei et la ligne du doigt
Fūgetsu travaille le shudei (朱泥), l’argile rouge ferrugineuse de Tokoname, et le kokudei (黒泥), sa variante noire, toujours sans glaçure. Sa finition signature est le sujihiki (筋引) : la surface n’est ni lissée ni polie, elle garde les stries laissées par les doigts pendant le tournage, comme un enregistrement du geste. Ses formes sont organiques, en aubergine (nasu-gata) ou en cône aplati (fuji-gata), et étonnent par leur légèreté : « une allure massive, mais très légère grâce à la technique du tour », écrit un marchand de Kyoto.
Reconnaître une pièce de Fūgetsu
Théière à poignée latérale (kyūsu) ou sans poignée (hōhin), de 120 à 280 ml, corps rouge ou noir mat, stries régulières, couvercle ajusté sans jeu. Le filtre est en céramique, bombé en demi-sphère au départ du bec (on l’appelle familièrement debeso, « le nombril »). La pièce porte le sceau 風月 et est livrée dans un coffret de paulownia signé de l’artiste.
Usage et entretien
Le fer de l’argile réagit avec les tanins et arrondit le thé vert ; l’absence totale de métal préserve son parfum. Jamais de savon : le grès absorbe les odeurs et les rendrait au thé suivant. Rinçage à l’eau chaude, brosse souple pour le filtre, séchage à l’air couvercle ôté, pas de lave-vaisselle. Avec le temps, le shudei se patine et fonce ; on le frotte d’un chiffon sec pour l’aider à briller.