Four Shin'emon (Arita)
- Nom japonais
- 真右ェ門窯(馬場真一郎・馬場九洲夫)
- Région
- Arita, Saga
- Fondation
- 1972 (Baba Shin'ichirō, 1er Shin'emon) ; 2e génération Baba Kusuo
- Technique
- porcelaine d'Arita à glaçures yōhen : Ginga (tenmoku bleu « galaxie »), yuteki tenmoku, shinsha rouge de cuivre, céladon, cristallines
Le four Shin’emon (真右ェ門窯, Shin’emon-gama) est installé à Arita, dans la préfecture de Saga, berceau de la porcelaine japonaise. Il est fondé en 1972 par le premier Shin’emon, Baba Shin’ichirō (馬場真一郎), qui voulait faire ce qu’on ne faisait guère alors à Arita : de grands vases en bleu et blanc (sometsuke). Sous la deuxième génération, l’atelier s’est tourné vers ce qui fait aujourd’hui sa renommée : les glaçures de transformation au four (yōhen).
Le chimiste devenu potier
Le deuxième Shin’emon, Baba Kusuo (馬場九洲夫), n’était pas potier : employé d’une entreprise chimique, il rejoint le four après son mariage, apprend le métier auprès du fondateur et se lance dans la recherche des glaçures. Il finit par maîtriser le tenmoku à gouttes d’huile (yuteki tenmoku) et le rouge de cuivre (shinsha), réputés parmi les techniques les plus difficiles de la céramique. Ses pièces sont présentées quatorze fois au Nitten, le grand salon national des beaux-arts, où il obtient en 2012 la sélection spéciale (tokusen) de la section arts appliqués, la même année que le prix suprême de l’Exposition des arts appliqués contemporains du Kyūshū. Son fils Baba Yasuyoshi (馬場泰嘉) porte aujourd’hui l’image de la maison.
Galaxie, gouttes d’huile et rouge de cuivre
Le yōhen est la transformation que subissent argile et glaçure sous le feu : couleurs, cristaux et motifs qu’aucun pinceau ne dessinerait. Le tenmoku à gouttes d’huile fait surgir sur un noir de jais des cristaux argentés ou dorés, « comme des gouttes d’huile flottant sur la glaçure ». Le Ginga (銀河, « galaxie »), aussi appelé tenmoku bleu, est la création personnelle du deuxième Shin’emon : plutôt que reproduire le yuteki des anciens, il a cherché par une autre voie à faire naître un ciel nocturne constellé, semé de cristaux sur fond profond. Le shinsha, rouge rubis tiré du cuivre cuit en réduction à 1 300 °C, est surnommé « le roi des couleurs de la céramique ». S’y ajoutent le céladon, les gouttes indigo Aizome suiteki qui changent de couleur selon la lumière, et un cristal rose de fleurs de cerisier dont « la plupart des pièces finissent au rebut ».
Reconnaître une pièce du four
Porcelaine d’Arita, donc corps fin et sonore, sous une glaçure épaisse et vitreuse aux effets de profondeur ; aucune pièce ne ressemble à une autre, puisque le feu décide. Le catalogue va de la coupe à saké au grand plat, avec des thèmes récurrents : le cosmos, le zen, l’éclair en noir et or.
Usage et entretien
Ces pièces sont faites pour servir. Lavage à la main à l’eau tiède et au liquide vaisselle doux, sans éponge abrasive ; on évite le lave-vaisselle et les chocs thermiques, qui n’ont rien à faire sur une glaçure cristallisée.