Four Kōraku (Arita)
- Nom japonais
- 幸楽窯
- Région
- Arita (Maruo), Saga
- Fondation
- 1865 (Keiō 1), fondateur Tokunaga Torasuke ; société Tokunaga Tōjiki K.K. ; 5e génération Tokunaga Takanobu (né 1967, président depuis 2010)
- Technique
- Production intégrée (coulage, façonnage, dégourdi, décor, grand feu, akae) ; décor à la main et transfert (tensha) ; vaisselle kappō et de ménage ; visites d'atelier, chasse au trésor, résidences d'artistes
Le four Kōraku (幸楽窯, Kōraku-gama) est l’une des maisons anciennes d’Arita, dans la préfecture de Saga. Fondé en 1865, la première année de l’ère Keiō, par Tokunaga Torasuke, il porte aujourd’hui la raison sociale Tokunaga Tōjiki et est dirigé par la cinquième génération, Tokunaga Takanobu. Sa devise, « du bonheur au foyer, de la joie à la table », résume ce qu’il produit : de la vaisselle de restaurant japonais (kappō) avant tout, mais aussi des pièces de ménage, jusqu’aux burettes à sauce soja et aux cuillères.
Cinq générations, un atelier complet
Kōraku est l’un des rares fours d’Arita à conserver la chaîne entière sous son toit : coulage en moule, façonnage, cuisson de dégourdi, décor, cuisson de grand feu, puis émaux rouges. Les moules de plâtre sont fabriqués sur place par des modeleurs maison, et un bureau de dessin et de prototypes développe les formes nouvelles. Tokunaga Takanobu, né à Arita en 1967, a étudié la céramique à l’Université municipale des arts de Kyōto (1988-1992), puis appris le marketing et le design chez un industriel du verre à Tōkyō, avant de rejoindre l’entreprise familiale en 1995 et d’en prendre la présidence en 2010. Sa conviction : la force d’un four ne tient pas seulement à ses pièces d’art, mais à sa capacité à en faire de bons produits. Les prix reçus vont dans ce sens, du Tableware Festival de Tōkyō (1999, catégorie professionnels) aux distinctions de design du district de Hizen (2004, 2011).
Style et technique
La maison pratique aussi bien le décor à la main que le transfert (tensha), une technique qu’elle a introduite tôt et dont elle a accumulé le savoir-faire ; les deux se combinent souvent sur une même pièce, un motif imprimé étant repris ou rehaussé au pinceau. Le style est celui d’Arita : blanc net, formes stables, décors floraux ou géométriques, comme ce petit bol à couvercle « tout en chrysanthèmes » (kiku-zukushi) en brocart d’émaux (nishiki). Kōraku a aussi conçu des objets avec des designers, tel le repose-couverts Realita dessiné avec Sumikawa Shin’ichi.
Une fabrique ouverte
Chose peu courante à Arita, l’atelier se visite du mardi au samedi, de la presse à transfert jusqu’au défournement, et accueille des artistes en résidence pour de longs séjours de création. Sa « chasse au trésor » est devenue célèbre : quatre-vingt-dix minutes pour remplir un panier dans les réserves de la fabrique. Le four affiche l’ambition de servir de plate-forme à toute la zone céramique de Hizen, Arita et Hasami compris.
Usage et entretien
Vaisselle de restaurant oblige, les pièces sont pensées pour un usage intensif : lavage à l’éponge douce, lave-vaisselle possible pour les pièces sans or, micro-ondes à éviter dès qu’un rehaut métallique est présent. Éviter les chocs thermiques ; ranger les couvercles séparément.