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Four Fukusen (Arita)

Nom japonais
福泉窯
Région
Arita (Akasaka), Saga
Fondation
1er février 1952, fondateur Fukuda Kunio ; dirigeant actuel Shimomura Kōji ; 18 employés
Technique
Sometsuke (bleu de cobalt sous couverte) de style premier Imari : fuchi-sabi, fukizumi, cobalt qui fuse ; vaisselle kappō ; quelques polychromes rehaussés d'or

Le four Fukusen (福泉窯, Fukusen-gama) est un atelier d’Arita, dans la préfecture de Saga, le berceau de la porcelaine japonaise. Il est installé dans le quartier d’Akasaka, à l’écart du centre touristique, et a été créé le 1er février 1952 par Fukuda Kunio. Le nom dit le vœu du fondateur : que de ces pièces indispensables à la vie quotidienne « le bonheur jaillisse comme d’une source » (fuku, le bonheur ; sen, la source). L’entreprise, aujourd’hui dirigée par Shimomura Kōji, compte dix-huit personnes et reste une maison de taille modeste, mais dont la production est connue de tous les amateurs de bleu d’Arita.

Une maison née dans l’après-guerre

À ses débuts, comme beaucoup d’ateliers d’Arita, Fukusen produisait surtout des coupes et des flacons à saké et partageait son four avec d’autres maisons. Elle s’est ensuite spécialisée dans la vaisselle de restaurant japonais (kappō) : un service de cuisine de saison exige des dizaines de formes différentes, et le catalogue s’est étoffé au fil des décennies, jusqu’à compter plusieurs milliers de références. La maison résume sa ligne ainsi : tenir aux techniques traditionnelles sans perdre l’esprit de jeu, pour faire des pièces que l’on aime encore après des années.

Le bleu des débuts d’Arita

La marque de Fukusen, c’est le sometsuke, le décor au cobalt sous couverte, dans l’esprit du premier Imari du XVIIe siècle : un bleu profond qui fuse légèrement dans la glaçure, des motifs anciens (rinceaux de pieuvre takokarakusa, pin-bambou-prunier, feuille de chanvre, paysages de montagne et d’eau, fleurs et oiseaux) réinterprétés avec une liberté contemporaine. Deux procédés anciens reviennent souvent : le fuchi-sabi, une bordure d’oxyde de fer brun sur la lèvre de la pièce, et le fukizumi, un cobalt soufflé qui nappe la surface d’un bleu nuageux. Des touches de brun sur les couvercles et les panses complètent ce vocabulaire, rare chez les fours actuels. La maison réalise aussi des décors polychromes, comme ses motifs Wanli et ses vignes bleues ou vertes rehaussées d’or.

Reconnaître une pièce

Le bleu tire nettement vers l’indigo, avec ces fusées de cobalt et cette patine qui font dire aux marchands d’Arita que les coupelles de Fukusen ont « l’allure d’une antiquité ». Les parois sont épaisses et solides. Le décor est peint à la main ; les distributeurs japonais signalent que les pièces ornées peuvent se rayer à l’usage et demandent un peu d’attention.

Usage et entretien

Le décor sous couverte est protégé par la glaçure : la vaisselle bleue du quotidien se lave sans souci à l’éponge douce, et le lave-vaisselle est possible pour les pièces sans rehauts. Les pièces dorées ne vont ni au lave-vaisselle ni au micro-ondes. Évitez les chocs thermiques et rangez les assiettes avec un intercalaire.