Atelier Washū (Kanno Kazuaki)
- Nom japonais
- 工房和秋(金野和秋)
- Région
- Hiraizumi, Iwate (fonte de Nambu)
- Fondation
- 1982
- Technique
- Tetsubin entièrement faits main en moule cuit yakigata (~80 opérations), motif arare pressé à la main, intérieur non émaillé, fond plat induction/gaz ; série Kizukai
L’atelier Washū (工房和秋) est la fonderie de Kanno Kazuaki (金野和秋) à Hiraizumi (平泉町), préfecture d’Iwate, la ville-sanctuaire des Fujiwara d’où la fonte du Nord est partie il y a plus de huit siècles. Né en 1949 dans le quartier de Hada à Mizusawa, dans une famille de fondeurs établie de longue date, il entre en 1968 dans l’atelier de son père, la fonderie Saaki (佐秋鋳造所), et s’installe à son compte à Hiraizumi en 1982. Ses tetsubin sont entièrement faits main, en petites quantités.
Un fondeur formé à l’ancienne
Kanno Kazuaki est primé dès 1975 à l’Exposition d’arts et métiers d’Iwate ; à partir de 1976, ses pièces sont retenues à l’Exposition des nouvelles œuvres de métal de l’artisanat traditionnel japonais, au Nitten et dans d’autres salons nationaux. Il choisit pourtant Hiraizumi et une production discrète. L’atelier coule le tetsubin en yakigata (焼型), le moule de sable et d’argile cuit avant la coulée : une méthode qui compte près de quatre-vingts opérations et demande une longue expérience.
Le motif arare, point par point
Sur les modèles à picots, chaque grain du motif arare (霰, « grêle ») est pressé un à un dans le moule avec une tige pointue ; les alignements ne sont donc jamais parfaitement mécaniques, et la teinte varie légèrement d’une pièce à l’autre. L’intérieur n’est pas émaillé : le fer est laissé libre de s’oxyder. Le fond est plat pour l’induction comme pour le gaz ; l’anse et le bouton sont en bois de cerisier, que l’on peut saisir à main nue.
La série Kizukai
Kanno Kazuaki dit vouloir des bouilloires « utilisées tous les jours », non des pièces d’exposition : la série Kizukai (気づかい, « prévenance ») est née de cette idée. Il revendique l’absence de couleur et de forme à la mode, et une conviction : « les bonnes choses prennent du goût à mesure qu’on s’en sert et que le temps passe ». La série comprend notamment la bouilloire plate à arare de 1,25 l, le modèle « Sakura » de 1,25 l, la plate « Arare » de 1,6 l (1,8 kg) et la ronde « Pin » de 1,5 l.
Usage et entretien
Un tetsubin de Washū se rode : au bout de trois mois environ, des points de rouille apparaissent à l’intérieur. C’est normal ; l’atelier y voit même un plus pour le goût et demande de ne pas chercher à les enlever. Jamais de tampon abrasif, de sable, d’huile ni de détergent dans la bouilloire. Après usage, videz-la et séchez-la complètement sur la chaleur résiduelle, couvercle ôté. Évitez les chocs thermiques : pas d’eau froide dans une bouilloire brûlante. Le voile blanc de calcaire qui se forme au fil des mois est le bienvenu : il protège le métal et arrondit l’eau.